UNE PEINTURE TYPIQUEMENT AFRICAINE


Si l'on n'a pas attendu aujourd'hui pour savoir que l'Art Africain exerce depuis toujours une mystérieuse fascination et qu'il fut l'un des grands inspirateurs du Cubisme, nous en étions encore à attendre que la jeune peinture africaine se manifeste à travers tel ou tel artiste décidé à retrouver sa propre indentité.
Il n'avait pas manqué d'étudiants noirs dans nos écoles des Beaux Arts, mais la plupart, ils s'étaient coulés dans le moule occidental et aucun n'était parvenu, que je sache, à sortir de la formation occidentale reçue chez nous.
Et puis Ntota a accroché quelques toiles à la cadrerie et j'ai découvert, éberlué, que la peinture Africaine existait ou du moins qu'elle était en train de naitre.
En france depuis 1977, ce jeune congolais a eu la chance de recevoir une bonne formation dans une école de Brazzaville fondée par un européen. Par la suite; il a compris qu'il devait oublier les leçons pour aller vers la recherche d'une expression typiquement africaine. Pour cela il devait tirer l'enseignement de la tradition, mais surtout s'efforcer de découvrir l'essence même d'un art séculaire afin d'alimenter sa propre écriture.
Les masques et leur pouvoir facinateur, le découpage des formes en aplats géometriques, la musique des riches couleurs, la construction harmonieuse faite de triangles, de cercles, de cônes, de pyramides, tout cela tend à reconstituer une sorte de symbolique mystérieuse le plus souvent abstraite mais étonnamment éloquente.
Ntota ne peut oublier l'importance émotionnelle de la couleur qui l'a marqué dans son enfance. Là bas, tout est couleur, dit-il, la nature les ciels les vêtements des gens et il y a une sorte de bouillonnement volcanique des coloris. Sa peinture restitue donc ces sonorités chromatiques mais avec un profond souci des harmonies. Jamais rien d'agressif comme c'est trop souvent le cas dans certain art oriental. Pour Ntota ce qui compte c'est ce que Fénéon appelait " les accointances des tons" .  Sur un fond de brun rouge, il dresse tout un monde de formes qui s'imbriquent, se lient et se délient ;  on y voit un croissant de lune bleu, des arabesques mauves, des arcs de cercle jaune que complètent une mosaïque de taches noires, vertes ponctuées de blanc et de safran.
Bien sûr, la texture profonde de cette peinture n'est pas sans évoquer Fernand Léger, mais qui pourrait se flatter de n'avoir reçu aucune influence et, ici la vision traduit finalement l'Afrique noire dans son âme la plus secrète. Pour une première exposition à Marseille, Ntota devrait emporter l'unanimité des suffrages dans une galerie dont les portes lui ont été ouvertes par sa femme Catherine Cadilhac qui présenta ses toiles à plusieurs reprise, ces récentes années


H.B-G  (Les Nouvelles affiches de Marseille)



                                           NTOTA        
                             UN CONSENSUS REUSSI


Mystique, incompréhensible ? Non, ce n'est pas ainsi qu'il faut aborder la peinture de Ntota ;  suivant sa sensibilité, sa culture, et bien souvent son apriorisme, on risque de passer à côté du sujet sans l'avoir compris ni même vu.
D'origine africaine Ntota l'est très certainement, mais sa peinture plus encore, et l'oeil doit s'acclimater non seulement au graphisme, à la couleur mais aussi à la culture dont est imprégné l'artiste. Il ne cherche en effet ni à cacher celle-ci ni à intégrer l'art occidental à sa personnalité.
A travers une reprise des thèmes africains, une utilisation des couleurs naturelles avec lesquelles il a appris à travailler, la terre, l'eau, les plantes, il jette un regard sur notre civilisation pour en extraire ce qu'il estime révélateur de notre société par rapport à la sienne.
Cette dualité est omniprésente, exacerbée dans les collages ou il associe peinture et coloris ancestraux, à la vie quotidienne d'une civilisation de progrès, association de réel et d'irréel, de vrai et de superficiel.
Sa peinture a donc une valeur intrinsèque mais pourra peut-être servir de pont et être considérée comme un chemin à la rencontre de deux identités, l'une connue, l'autre à découvrir.
ne pas essayer de définir une culture par rapport à l'autre, ne pas les comparer, mais tout simplement se laisser prendre en abandonnant nos échelles de valeurs.
Une peinture à voir, comme on écoute une musique qui n'est pas la sienne où on se laisse bercer par la mélopée qui rappelle tout ce que l'on a laissé derrière soi, le négro spiritual par exemple.


Georges AUPHAN  (La cote des Arts  Marseille)


 

       LE SENS DECORATIF DE NTOTA PEINTRE AFRICAIN


M. Edouard Chaix -Bryan présente actuellement sur ses cinaises les oeuvres originales du jeune peintre africain Ntota. Exposition inhabituelle et particulièrement intéressante à découvrir tant par  les couleurs vives et l'académie des sujets traités que par les structures d'un art non dépouillé d'attrait. Ntota a ses lettres de noblesse dans le monde pictural très nouveau qu'il nous propose. Il a, en effet, fait ses études à l'école d'Art de poto-poto, à Brazzaville au congo. Ses expositions ont été présentées au centre culturel français de Brazzaville, du Zaïre et du Gabon ainsi qu'au festival des arts au Nigeria. En France, Paris, Chamonix, Marseille, Toulon, Salon de Provence. en Allemagne, Bonn, en U.R.S.S. , Moscou ont eu l'honneur de recevoir Ntota. Aujourd'hui à Marseille, grace au dynamisme de M. Chaix-Bryan, "La Cadrerie" a accroché les oeuvres trés récentes d'un jeune artiste dont la peinture du décoratif et de l'équilibre propre à l'art africain n'est pas moins proche de nous par le choix des sujets puis simplement dans la vie, ou totalement abstraits pour une pure jouissance de la ligne et des couleurs.
Une exposition qui ne doit pas laisser indifférent à découvrir jusqu'au 15 mars
.
Ch. B
( Le Méridional Marseille)
                   
                  


                          LES PEINTRES DE POTO-POTO


L'école de peinture de Poto-Poto est dûe à l'initiative d'un jeune peintre français Pierre Lods qui , en 1951 rassembla quelques jeunes gens particulièrement doués, les incita à peindre, leur apporta une aide matérielle, les conseilla et les critiqua sans jamais pourtant s'imposer.
Cette liberté, loin de créer l'anarchie, permit à ce groupe de jeunes gens de s'épanouir harmonieusement. Chacun créa son genre et plus tard son style, il faudrait plutôt dire ses styles car chacun a plusieurs manières, passant de l'une à l'autre selon les circonstances et l'humeur du jour.
Les anciens, ceux de la prémière heure, sont des hommes faits dont la maturité se révèle dans leurs tableaux. Zigoma, Iloki, Odongo, Béla forment cette vieille garde. Les plus jeunes Ngavouka, Ntota, travaillent tout aussi librement que leurs ainés s'exprimant dans des formes si variées qu'elles sont parfois déconcertantes sans être jamais dénuées de recherche dans l'expression artistique.
Refusant d'aller chercher le client sur le trotoir, partageant la recette lorsqu'une toile est vendue, tous se consacrent entièrement, avec une fidélité exemplaire, à la peinture . Malgré les difficultés matérielles, les périodes creuses où personne n'achète de tableau, ils persévèrent dans ce qui est pour eux une véritable vocation, ils sont peintres et le resteront envers et contre tout. Chaque jour de l'année, sans exception, on peut les trouver dans la grande case de Moungali, travaillant dans une atmosphère exceptionnelle où règne une sorte de sérénité qui ne manque pas de frapper le visiteur et d'être favorable à la création. 
Tout en restant authentiquement africaine, la peinture de Poto-Poto possède les caractères d'une peinture universelle qui peut être montrée et appréciée n'importe où : les expositions organisées avec succès à Paris, à New York, à Moscou, en Yougoslavie, en Suisse, en témoignent. Ajoutons que les peintres de Poto-Poto ont représentés le Congo au festival des Arts Nègres à Dakar et à Alger. 
L'exposition organisée au centre culturel français présente quelques-unes des toiles les plus récentes de l'Ecole et montre les tendances actuelles de ces artistes.


Pierre RAMSEYER  (
Congo Brazzaville)




                                                       NTOTA PEINTRE DE TOUJOURS

Ne demendez pas à Ntota, depuis quand il est entré en peinture. Il ne le sais pas. Depuis l'aube des temps probablement. Demandez lui plutôt pourquoi il peint, par nécessité pour préserver mon équilibre mental, pour exprimer la vie, l'angoisse, la joie. La peinture de Ntota oscille entre figuratif, abstrait, et surréalisme, au gré des pensées de l'artiste. Difficile à définir, tant son inspiration est vaste, elle séduit autant qu'elle inquiète, "cette danse des courgettes ou cette baignade des éléphants.
Retour en arrière au Congo. Ntota est né en 1950 à Brazzaville, d'une mère paysanne et d'un père chauffeur dans l'administration. Dès son plus jeune âge, Ntota est doué, il dessine sur le murs des maisons, sur le sol, sur le sable, partout... par manque de soutien, il ne peut poursuivre ses études, puis comme dans les contes de fées, tout change.
C'est la rencontre avec un ancien collègue de classe, son entrée à l'école de peinture de Poto-Poto en 1969, son initiation par des maîtres africains célèbres Comme Zigoma, Ondongo, Iloki, Bela et Ngavouka, les premières expositions et le départ pour Marseille en 1977. Remarqué par le conseiller culturel de l'ambassade France au Congo, il obtient une bourse pour l'école des Beaux Arts à Marseille. D'inspiration africaine au départ, ses toiles glissent lentement vers davantage d'universalité. de l'abstrait, elle passent au figuratif et au surréalisme.
Tranquillement, Ntota commence à acquérir la notoriété. Non pas comme peintre africain...mais comme artiste peintre tout simplement.

) 
J.I.P. (Journal interne du personnel de la CCI Marseille Provence


                                              NTOTA 

Né à Bacongo en 1950. Cest le benjamin de l'équipe. Il ya quatre ans qu'il est entré à l'atelier .
En 1966, il était retourné dans son village où il fabriquait des pièges et pêchait à la ligne. Il aimait dessiner et faisait des dessins sur les murs des maisons, sur la terre, sur le sable, partout.
Revenu à Brazzaville, il entend parler de l'école de peinture de Poto-poto. Il y va et trouve Zigoma en train de peindre. Ce dernier l'accueille à l'école en 1969.
La peinture semble souvent être pour Ntota un moyen de se liberer de ses fantasmes qui se traduisent par des toiles où se mêlent abstraction et surrréalisme et d'où une certaine MAGIE est rarement absente

Centre culturel Français (Brazzaville)